Avec près de 8 milliards de dollars consacrés chaque année aux achats agricoles à l’étranger, l’Afrique du Sud représente un marché de premier plan pour les puissances exportatrices. Moscou entend saisir cette opportunité pour accroître ses débouchés sur le continent africain. La Russie a ainsi engagé une nouvelle offensive commerciale afin de consolider ses échanges agroalimentaires avec Pretoria et d’ouvrir des perspectives à ses entreprises.
Du 12 au 14 octobre 2026, le ministère russe de l’Agriculture, en partenariat avec le Centre fédéral de développement des exportations de produits agroalimentaires (Agroexport), a organisé une mission commerciale en Afrique du Sud. L’objectif consiste à rapprocher les opérateurs économiques des deux pays, identifier de nouvelles opportunités d’affaires et définir des mesures concrètes pour développer les échanges agricoles.
Au programme figuraient des rencontres avec les organisations sud-africaines des filières de la viande, notamment les associations de transformateurs, d’importateurs et d’exportateurs. Des sessions B2B ont également permis aux entreprises russes et sud-africaines d’examiner les possibilités de coopération.
Cette démarche s’appuie sur des échanges déjà existants. Au cours des neuf premiers mois de 2026, les livraisons agricoles russes vers l’Afrique du Sud ont atteint environ 230 000 tonnes, pour une valeur supérieure à 54 millions de dollars. Les céréales constituent l’essentiel de ces exportations.
L’intérêt de Moscou s’explique aussi par le dynamisme des importations sud-africaines. En 2025, leur valeur a atteint 7,8 milliards de dollars, en hausse de 4 % sur un an. Au premier semestre 2026, elles ont progressé de 5 %, à 3,9 milliards de dollars.
Face à des fournisseurs internationaux déjà bien implantés, la Russie cherche désormais à renforcer sa compétitivité et à transformer cette mission commerciale en nouveaux contrats d’approvisionnement.
Juma Omondi
