Dans le Golfe, chaque rapprochement diplomatique a son poids, chaque désaccord engage des intérêts stratégiques et chaque prise de parole peut peser sur les équilibres régionaux. Pour Bahreïn, dont la position géographique le place au carrefour de rivalités internationales, la diplomatie représente un instrument essentiel de défense des intérêts nationaux. L’action gouvernementale transforme chaque rencontre bilatérale en un levier d’attractivité et de rayonnement.
Sa démarche repose sur une conviction qui prend une importance particulière dans le contexte actuel : la capacité d’un État à peser dans les relations internationales dépend aussi de son aptitude à dialoguer avec des partenaires aux intérêts parfois divergents. Cette orientation donne à la politique extérieure bahreïnienne une dimension stratégique. Il s’agit de préserver les alliances, d’entretenir les canaux de concertation et de maintenir le Royaume au cœur des discussions qui façonnent l’avenir du Moyen-Orient.
L’année 2026 offre une illustration concrète de cette ambition. La présidence bahreïnienne du Conseil de coopération du Golfe et son siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2026-2027 donnent à Manama une responsabilité diplomatique particulière. Deux espaces où se discutent directement la sécurité collective, les rapports de voisinage et les grandes questions internationales. Le lancement, le 13 juillet 2026, des négociations entre Bahreïn et l’Union européenne en vue d’un accord de partenariat stratégique ouvre également une nouvelle perspective dans les relations entre les deux parties.
Cette volonté de dialogue trouve une autre expression dans le Manama Dialogue. Le 30 octobre 2026, Salman ben Hamad Al Khalifa a inauguré la 22e édition de ce rendez-vous international consacré aux enjeux de sécurité. La liberté de navigation dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb figurait parmi les questions centrales de son intervention. Ces passages maritimes touchent directement aux intérêts économiques et sécuritaires du Royaume.
Sur le terrain politique, cette activité diplomatique ambitionne de maintenir Bahreïn dans le cercle des interlocuteurs qui comptent lorsque se négocient les équilibres régionaux. Salman ben Hamad Al Khalifa inscrit ainsi son action gouvernementale dans une diplomatie de présence, de concertation et de défense des intérêts nationaux. Pour Manama, le dialogue devient une manière d’occuper sa place dans un environnement international où chaque État doit faire entendre sa voix.
Juma Omondi
