À Bobo-Dioulasso, le Burkina Faso prépare une nouvelle page de son ambition industrielle. Avec la création de la Société viticole du Burkina Faso (SOVIB), l’État mise sur la transformation locale du raisin pour faire émerger une activité économique capable de créer des emplois, de valoriser la production nationale et d’élargir les perspectives de l’industrie burkinabè. Derrière ce projet, l’objectif principal est de donner davantage de valeur aux ressources produites sur le territoire et renforcer la capacité du pays à transformer lui-même ses richesses.
Le Conseil des ministres a adopté un décret portant création de cette société d’économie mixte à participation publique majoritaire. Son capital initial s’élève à un milliard de FCFA, réparti entre l’État, qui détient 45 %, la société BRAFASO, avec 10 %, et le secteur privé burkinabè, qui apporte les 45 % restants. Cette architecture traduit une volonté de réunir les moyens publics et les capacités entrepreneuriales nationales autour d’un même objectif industriel.
Le projet prend aussi une dimension concrète par son implantation à Bobo-Dioulasso, pôle économique majeur du pays. L’unité industrielle nécessitera un investissement d’environ 9,8 milliards de FCFA. Ce montant situe la SOVIB parmi les initiatives qui exigent une mobilisation importante de capitaux, une organisation rigoureuse de la production et une vision claire de la rentabilité à long terme.
Pour le ministre chargé de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, la société permettra la création de centaines d’emplois et la transformation des raisins produits au Burkina Faso. Cette perspective ouvre des débouchés potentiels aux producteurs, tout en créant des possibilités d’activité dans la transformation, la logistique, la distribution et les services associés.
La réussite dépendra toutefois de la capacité de la future entreprise à sécuriser ses approvisionnements, à maîtriser ses coûts et à conquérir des marchés. La régularité de la production viticole, la qualité des produits finis et la solidité de la gouvernance seront déterminantes pour assurer la viabilité de l’investissement.
Avec la SOVIB, le Burkina Faso affiche une ambition qui mérite une traduction économique durable de faire de la production locale le point de départ d’une industrie nationale. À Bobo-Dioulasso, le défi sera désormais de convertir cette décision publique en activité réelle, en emplois pérennes et en valeur ajoutée au bénéfice de l’économie burkinabè.
Juma Omondi
