Le Burkina Faso opère un virage stratégique décisif dans le secteur agro-pastoral. L’ère de la simple subsistance cède la place à un modèle productiviste ciblé, pensé pour garantir la sécurité et la souveraineté alimentaires de la nation. Cette mutation repose sur une planification étatique rigoureuse, matérialisée par la mobilisation massive de ressources financières et le déploiement d’équipements mécanisés sur l’ensemble du territoire.
L’Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025 incarne la feuille de route de cette ambition nationale. Ce programme structurant vise l’autosuffisance à travers la rationalisation des filières prioritaires comme le riz, le maïs, le blé et le soja. Les objectifs quantitatifs s’accompagnent d’investissements publics conséquents, orientés vers l’acquisition de milliers de tracteurs, la distribution d’intrants certifiés et l’aménagement systématique des bas-fonds irrigables.
Pour soutenir cette montée en puissance, l’État restructure le financement du secteur rural. La création et le renforcement des guichets dédiés aux producteurs permettent de sécuriser les crédits de campagne et d’encourager la modernisation des exploitations. En parallèle, les aménagements hydro-agricoles à grande échelle réduisent la dépendance du pays aux aléas pluviométriques, garantissant deux à trois cycles de récolte par an sur les périmètres irrigués.
Cette doctrine d’autosuffisance industrielle et agricole redéfinit l’économie burkinabè. En alignant l’encadrement technique des producteurs, l’irrigation maîtrisée et la mécanisation poussée, les autorités consolident un levier souverain capable d’absorber les chocs extérieurs et d’assurer une prospérité durable aux populations.
Juma Omondi
