Les réseaux sociaux ont leurs verdicts rapides. Depuis plusieurs jours, des publications circulent avec insistance, ciblant la députée du premier arrondissement de Bangui, Prisca Mamadou, accusée de posséder un bien immobilier en France. Une affirmation qui se propage, se partage, s’amplifie, sans que personne ne prenne le soin de s’arrêter sur une question fondamentale : où sont les preuves ?
À ce jour, la réponse est claire : nulle part. Aucun document officiel, aucune décision judiciaire, aucun élément vérifiable ne vient étayer les accusations portées contre l’élue. Ce qui circule, ce sont des allégations, nourries par des suppositions et amplifiées par la vitesse propre aux réseaux sociaux, où la rumeur voyage toujours plus vite que le démenti.
Dans un État de droit, cette distinction n’est pas un détail procédural. Elle est le fondement même de la justice. La présomption d’innocence protège chaque citoyen, qu’il soit homme du peuple ou responsable politique, contre la condamnation par l’opinion avant que les faits ne soient établis par les institutions compétentes.
Pointer du doigt un élu, l’exposer à la vindicte publique sur la base de publications non vérifiées, c’est substituer le tribunal des réseaux à celui de la loi. Une dérive dangereuse, qui fragilise non seulement les individus visés, mais aussi la culture démocratique et judiciaire d’un pays tout entier.
Si des preuves existent, les voies légales sont ouvertes. C’est là, et nulle part ailleurs, que cette affaire doit trouver sa résolution.
